Comparer les prix fournisseurs restaurant : la méthode au kilo net
Le prix au kilo affiché ne dit pas tout. Voici comment comparer les prix fournisseurs de ton restaurant au kilo net, franco et pertes compris, avec une grille et un exemple chiffré.
Équipe ROOT
Gestion de restaurant, sur le terrain

L’essentiel en 30 secondes
- Compare toujours au prix HT au kilo net : prix d'achat divisé par le rendement, avec le temps de parage si besoin.
- Intègre le conditionnement, le franco, les frais de port et les délais de paiement dans le coût réel.
- Mesure la régularité par des relevés (lignes manquantes, retards, écarts de prix) plutôt qu'à l'impression.
- Utilise les cotations du RNM comme repère pour les produits frais, en ajoutant le coût de livraison.
- Négocie avec un prix cible chiffré et ton historique de prix, pas avec un « tu peux faire un effort ? ».
Pour comparer les prix fournisseurs restaurant sans te tromper, le prix au kilo affiché sur le tarif ne suffit pas. Il faut raisonner en prix HT au kilo net utilisable, livraison et pertes comprises. Voici la méthode, une grille de comparaison et un exemple chiffré pour négocier avec des données plutôt qu'avec une impression.
01Pourquoi le prix au kilo affiché te raconte rarement la vérité
Deux fournisseurs peuvent afficher 4 € d'écart au kilo sur le même produit, et le moins cher des deux te coûter plus cher en cuisine. La raison est simple : le tarif mesure ce que tu achètes, pas ce que tu vends.
Cinq pièges reviennent tout le temps :
- le produit brut contre le produit paré : tu paies le gras, les os, les parures ;
- le poids égoutté contre le poids brut, sur les produits en saumure ou sous glaçure ;
- le conditionnement trop grand, qui crée des restes ou des pertes de DLC ;
- le franco et le minimum de commande, qui te poussent à commander plus que nécessaire ;
- la régularité : un prix bas, mais des ruptures qui t'obligent à dépanner ailleurs, plus cher.
Les achats de matières pèsent souvent autour d'un tiers du chiffre d'affaires d'un restaurant. Chaque point gagné sur les achats tombe donc directement dans ton résultat. C'est aussi pour cela que ton food cost bouge dès qu'un prix change chez un fournisseur.
02Comparer les prix fournisseurs d'un restaurant : la méthode en 5 étapes
1. Ramener tout au kilo net HT
C'est la base. Le prix au kilo net est ce que te coûte un kilo réellement utilisable en assiette :
Un rendement de 80 % signifie que 1 kg acheté donne 800 g utilisables. Un faux-filet à 19,50 €/kg avec 80 % de rendement revient donc à 24,375 €/kg net.
Pour connaître tes rendements, pèse avant et après parage sur quelques pièces, puis garde la moyenne. Ne compare jamais deux fournisseurs avec un rendement « au feeling ».
2. Regarder le conditionnement
Le conditionnement change le coût réel de trois façons :
- La taille du colis. Un carton de 5 kg à prix bas est un mauvais prix si tu en utilises 3 kg avant la DLC.
- Le format. Un produit sous vide, déjà portionné ou paré, te fait gagner du temps et réduit les pertes. Il coûte plus cher au kilo, mais pas forcément à l'assiette.
- La régularité du calibre. Des pièces irrégulières compliquent le portionnement et font varier ton coût par couvert.
Pose-toi la question : « quelle quantité j'utilise réellement entre deux livraisons ? » Tout ce qui dépasse finit à la poubelle ou en repas du personnel.
3. Intégrer franco, minimum et livraison
Le franco est le montant de commande à partir duquel la livraison est offerte. Sous ce seuil, tu paies un port, et il peut peser lourd sur une petite commande.
Un exemple : tu commandes 120 € de marchandises chez un fournisseur dont le franco est à 150 €, avec 18 € de port. Ces 18 € représentent 15 % de ta commande. Ton prix « bas » ne l'est plus.
À ajouter dans ton calcul, pour chaque fournisseur :
- le franco et le minimum de commande ;
- les frais de port sous le franco ;
- le nombre de jours de livraison par semaine et les horaires ;
- les délais de paiement et les remises de fin d'année éventuelles.
4. Mesurer la régularité
La régularité ne se devine pas : elle se relève. Sur trois mois, note pour chaque fournisseur :
- le nombre de lignes commandées et le nombre de lignes livrées conformes ;
- les retards de livraison ;
- les produits refusés (température, DLC trop courte, calibre) ;
- les variations de prix non annoncées entre devis et facture.
Un taux de service de 90 % (4 lignes manquantes sur 40) paraît correct. En réalité, ça veut dire un dépannage toutes les deux ou trois commandes, souvent au prix fort. Pour vérifier les écarts à réception, pense à rapprocher la facture et le bon de livraison.
5. Te donner un repère de marché
Pour les produits frais, le RNM de FranceAgriMer est un bon repère. Ses cotations suivent les prix de vente des grossistes à leurs clients, hors taxe et départ quai. Elles sont gratuites et couvrent les fruits et légumes, les produits carnés, les produits de la mer, les produits laitiers et avicoles.
Deux précautions :
- ces prix n'incluent pas la livraison sous chaîne du froid : ajoute ce coût avant de comparer avec un fournisseur qui livre ;
- ce sont des repères, pas des tarifs que ton fournisseur doit appliquer.
Évite en revanche de brandir l'inflation générale pour négocier. L'Insee mesure des prix de détail : l'alimentation progressait de 1,4 % sur un an en septembre 2026. Ce n'est pas le prix de gros que paie ton restaurant. Ton propre historique de prix est un bien meilleur argument.
03Exemple chiffré : un faux-filet chez deux fournisseurs
Prenons un restaurant qui utilise 20 kg nets de faux-filet par semaine. Les chiffres ci-dessous sont un exemple de calcul, pas des prix de marché.
Le fournisseur B paraît 4,50 € moins cher au kilo (19,50 € contre 24,00 €). Après rendement et parage, il coûte 22,50 € de plus par semaine, soit environ 1 170 € par an (22,50 € × 52 semaines).
Ce que tu en fais en négociation
Tu connais maintenant le prix cible de B pour égaler A :
- coût total à atteindre : 480 € ;
- moins le parage : 480 − 15 = 465 € ;
- pour 25 kg bruts : 465 ÷ 25 = 18,60 €/kg.
Tu peux dire à B : « À 18,60 € le kilo, je reste chez toi sur ce produit. » C'est une demande précise, chiffrée, que le fournisseur peut accepter ou refuser en connaissance de cause. Tu peux aussi garder A pour ce produit et réserver B aux références où il est vraiment meilleur.
04Grille de comparaison à garder sous la main
05Négocier avec des données
Une négociation efficace tient en quatre étapes. Aucune ne demande d'être un bon bluffeur.
- Arrive avec ton historique. Les prix payés sur 6 à 12 mois, produit par produit, montrent où le fournisseur a bougé. Une mercuriale suivie dans le temps vaut mieux que toute impression.
- Montre l'offre concurrente en prix net. Présente ton calcul au kilo net, pas seulement le tarif de l'autre. Il est plus difficile à contester.
- Propose quelque chose en échange. Un volume annuel, moins de jours de livraison, un regroupement des commandes, un paiement plus rapide : un fournisseur y gagne aussi.
- Demande une clause de révision lisible. Sur un contrat annuel, fais indexer les révisions sur un indice public (cotations RNM, indices Insee) plutôt que de subir des hausses au cas par cas. Depuis Egalim 2, des dispositifs de révision et de renégociation existent dans certains contrats : vérifie avec ton fournisseur ce qui s'applique à ta situation.
Côté légal, rien ne t'interdit de comparer et de remettre tes fournisseurs en concurrence. Les lois Egalim visent à protéger les producteurs agricoles. Elles n'encadrent pas le tarif qu'un grossiste te facture : ton levier, c'est la comparaison.
Le but n'est pas de changer de fournisseur à chaque commande, mais de savoir ce que vaut ta relation actuelle. Si tu cherches d'autres pistes d'économies une fois les achats cadrés, regarde les 7 leviers chiffrés pour réduire ton food cost.
06Comment le faire avec ROOT
Tu peux tenir cette comparaison sur un tableur, à condition de le mettre à jour à chaque facture. Le problème, c'est le temps : en pratique, le tableur s'arrête dès que le service s'emballe.
Dans ROOT, la comparaison s'appuie sur ce que tu fais déjà :
- le comparateur de fournisseurs met côte à côte les prix d'un même produit chez plusieurs fournisseurs ;
- la mercuriale garde l'historique des prix et signale ce qui a bougé ;
- les factures fournisseurs lues par l'IA (photo ou PDF) sont rapprochées de la mercuriale, ce qui fait remonter les écarts sans ressaisie ;
- les fiches techniques recalculent le coût matière et le food cost des plats quand un prix change.

ROOT se connecte aussi à Déclic pour les prix fournisseurs. Tu peux le tester gratuitement pendant 14 jours : lance ton essai gratuit, saisis deux fournisseurs sur trois produits, et compare au kilo net.
Questions fréquentes
Comment comparer deux fournisseurs de restaurant ?
Qu'est-ce que le franco chez un fournisseur ?
Où trouver des prix de référence pour les produits frais ?
Est-ce que je peux mettre mes fournisseurs en concurrence ?
À quelle fréquence faut-il comparer ses fournisseurs ?
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Écrit par l’équipe ROOT
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