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Mercuriale restaurant : comment la suivre sans y passer tes soirées

Relever chaque prix, le comparer au précédent et le répercuter sur tes fiches techniques : la méthode pour suivre ta mercuriale, avec un exemple chiffré sur un plat.

Équipe ROOT

Gestion de restaurant, sur le terrain

Publié le
Mercuriale restaurant : comment la suivre sans y passer tes soirées

L’essentiel en 30 secondes

  • La mercuriale est ton registre interne de prix fournisseurs, pas une obligation légale, mais la base de fiches techniques justes.
  • Ramène chaque prix au kilo net, date-le et compare-le au relevé précédent.
  • Fixe un seuil d'alerte et surveille d'abord les produits qui pèsent le plus dans tes achats.
  • Une hausse se mesure sur le plat : dans notre exemple, +15 % sur la volaille fait passer le food cost de 25,8 % à 28,3 %.
  • Pour éviter la ressaisie, essaie ROOT gratuitement pendant 14 jours et laisse la mercuriale se mettre à jour depuis tes factures.

Mercuriale restaurant, comment la suivre sans y passer tes soirées ? Une mercuriale est le registre des prix de tout ce que tu achètes. La suivre, c'est relever chaque nouveau tarif, le comparer au précédent et répercuter l'écart sur tes fiches techniques avant que ta marge ne s'érode. Voici la méthode, avec un exemple chiffré.

01Mercuriale de restaurant : définition

La mercuriale est un document interne. Elle liste les matières premières que tu achètes, avec leur prix chez chaque fournisseur, leur unité d'achat et la date du dernier relevé. Aucune obligation légale n'impose de la tenir : c'est un outil de gestion, et l'un des plus rentables.

Le mot a pourtant deux sens, et les deux circulent dans les cuisines :

  • Ton référentiel de prix : c'est celui que tu construis toi-même, produit par produit, et que tu mets à jour à chaque livraison.
  • La liste de prix d'un fournisseur : certains grossistes envoient leur « mercuriale » chaque semaine. Parfois, il s'agit d'une liste à prix bloqués, négociée pour une durée donnée.

Si tu négocies des prix bloqués, demande une confirmation écrite avec les références, les prix unitaires et la durée de validité. Les produits qui suivent les cours du marché (viande fraîche, poisson, fruits et légumes) sont souvent exclus du blocage. Vérifie ce point avant de signer.

Dans cet article, on parle surtout de la première : ton référentiel, qui alimente tes fiches techniques.

02Ce que doit contenir ta mercuriale

Une mercuriale qui sert vraiment tient en quelques colonnes. Plus elle est simple, plus elle est tenue à jour.

  • Désignation et catégorie : « Beurre doux 82 % », rangé en crèmerie.
  • Fournisseur : le même produit peut figurer chez deux fournisseurs, c'est ce qui permet de comparer.
  • Conditionnement d'achat et poids net : un carton de 5 kg, une barquette de 1 kg, un colis de 10 pièces.
  • Prix unitaire HT et unité de mesure : au kilo, au litre ou à la pièce.
  • Prix par unité consommée : le prix réel une fois ramené au poids net utilisable.
  • Date du dernier relevé : sans date, un prix ne veut rien dire.
  • Évolution : l'écart en pourcentage par rapport au relevé précédent.

Le piège le plus courant est de noter le prix du colis sans le ramener au kilo net. Tu compares alors des choux et des carottes, et tes fiches techniques partent de travers. Le détail de ce calcul se trouve dans notre article sur le coût de revient d'un plat.

Voici à quoi ressemble un extrait, avec des prix donnés à titre d'exemple :

ProduitFournisseurConditionnementPrix HTPrix au kiloRelevéÉvolution
Suprême de volailleGrossiste Acolis 5 kg60,00 €12,00 €3 mars—
Suprême de volailleGrossiste Acolis 5 kg69,00 €13,80 €7 avril+15 %
Beurre douxCrémier Bplaque 1 kg9,80 €9,80 €3 mars—
Beurre douxCrémier Bplaque 1 kg10,78 €10,78 €7 avril+10 %

Ce qui compte, c'est la dernière colonne : c'est elle qui te dit où regarder en premier.

03Comment suivre sa mercuriale dans le temps

Le suivi repose sur trois habitudes : saisir, comparer, décider. Rien de sorcier, mais il faut de la régularité.

1. Saisir chaque nouveau prix dès la réception

Le bon moment, c'est la livraison, bon de livraison ou facture en main. Un prix saisi trois semaines plus tard est un prix que tu as déjà subi sur trois semaines de service.

Garde une règle simple : la facture fait foi, pas le tarif annoncé par le commercial. Les deux divergent plus souvent qu'on ne le croit, surtout sur les produits frais.

2. Comparer à deux niveaux

Compare d'abord chaque prix au relevé précédent chez le même fournisseur. Tu vois ainsi les hausses qui te concernent directement.

Compare ensuite entre fournisseurs pour les produits que plusieurs maisons te livrent. L'écart de prix au kilo net, pas au colis, te dit s'il vaut la peine de rediscuter ou de changer.

3. Fixer un seuil d'alerte

Tu ne peux pas analyser cent cinquante produits chaque semaine. Fixe un seuil au-delà duquel tu regardes : par exemple 5 % de hausse sur un produit, ou 3 % sur un produit que tu utilises dans plusieurs plats. Ces chiffres sont des repères à ajuster selon ta carte, pas une règle.

Concentre-toi aussi sur les produits qui pèsent lourd dans tes achats : viandes, poissons, crèmerie, huiles. Une hausse de 10 % sur le sel de table ne change rien à ta marge, une hausse de 10 % sur ta viande, si.

4. Choisir un rythme

  • À chaque livraison pour les produits frais et volatils.
  • Chaque mois pour une revue complète des produits secs et de l'épicerie.
  • À chaque changement de carte pour recalculer tes plats sur des prix à jour.

04Repères de marché : à quoi comparer tes prix

Ta mercuriale raconte ce que tu paies. Pour savoir si une hausse est la tienne ou celle du marché, tu peux t'appuyer sur quelques repères publics.

Le RNM de FranceAgriMer publie gratuitement des cotations de la restauration collective : fruits et légumes sur 9 marchés de gros, et, pour le MIN de Rungis, viandes, volailles, œufs, produits de la marée et produits laitiers. Elles sont diffusées chaque semaine, le vendredi. Elles donnent une tendance, pas ton prix : celui qui compte reste celui de ton fournisseur, et les cotations n'incluent pas la livraison sous température dirigée.

Cette logique est aussi celle de l'administration. Pour réviser des prix dans les marchés publics, elle cite deux références : la cotation des MIN établie par le RNM et le barème du fournisseur. Le cadre est celui des marchés publics, mais le réflexe se transpose très bien à une négociation : « ton prix a monté de 12 %, la cotation de référence de 5 %, explique-moi l'écart ».

Côté conjoncture, l'Insee indique que les prix à la consommation augmentent de 3,1 % sur un an en septembre 2026, avec une alimentation à +1,4 % et une énergie à +21,3 %. Ces indices mesurent la consommation des ménages, pas tes achats professionnels. Prends-les comme un climat général, jamais comme un prix d'achat. L'énergie, elle, rappelle que les charges de cuisine bougent aussi, en plus des matières.

05Réagir aux hausses : l'exemple d'un plat

Une hausse sur la mercuriale ne veut rien dire tant qu'elle n'est pas passée dans la fiche technique. Prenons un suprême de volaille, crème et champignons, avec sa purée, vendu 16 € TTC.

Avant la hausse

  • Prix de vente HT : 16 € ÷ 1,10 (TVA à 10 % en restauration sur place) = 14,55 €.
  • Volaille : 12 €/kg achetés, 10 % de perte au parage, soit 12 ÷ 0,90 = 13,33 €/kg utilisable. Pour 160 g : 2,13 €.
  • Pommes de terre : 1,40 €/kg, 20 % de perte à l'épluchage, soit 1,75 €/kg. Pour 250 g : 0,44 €.
  • Crème : 4,50 €/L, 6 cl : 0,27 €.
  • Beurre : 9,80 €/kg, 20 g : 0,20 €.
  • Champignons : 7 €/kg, 60 g : 0,42 €.
  • Assaisonnement et garniture : 0,30 €.

Coût matière total : 3,76 €. Food cost : 3,76 ÷ 14,55 = 25,8 %. Pour revoir la formule, on l'a détaillée dans notre article sur le calcul du food cost.

Après la hausse

La mercuriale remonte : volaille +15 % (13,80 €/kg), beurre +10 %, crème +8 %.

  • Volaille : 13,80 ÷ 0,90 = 15,33 €/kg, pour 160 g : 2,45 €.
  • Crème : 4,86 €/L, pour 6 cl : 0,29 €.
  • Beurre : 10,78 €/kg, pour 20 g : 0,22 €.

Le coût matière passe à 4,12 €, soit 4,12 ÷ 14,55 = 28,3 %. Le plat coûte 0,36 € de plus, et le food cost grimpe de 2,5 points sans que tu aies touché à rien. Sur 60 plats vendus par semaine, cela représente environ 22 € par semaine, soit 1 100 € sur l'année pour un seul plat.

Quatre réponses possibles

  1. Remonter le prix de vente. Pour retrouver 25,8 %, il faudrait un prix HT de 4,12 ÷ 0,258 ≈ 15,95 €, soit environ 17,50 € TTC. Tu peux aussi n'en répercuter qu'une partie.
  2. Ajuster la portion. Passer la volaille de 160 g à 150 g économise environ 0,15 € par assiette (15,33 € × 0,010 kg). Le food cost redescend vers 27,3 %.
  3. Renégocier ou comparer. Ta mercuriale te dit à quel prix la concurrence te livre le même produit. Appuie-toi sur les cotations de référence pour discuter.
  4. Changer la place du plat sur la carte. Si c'est un best-seller à marge réduite, mets-le moins en avant. L'article sur le menu engineering montre comment arbitrer.

D'autres pistes sont détaillées dans nos 7 leviers pour réduire le food cost.

06Mercuriale et obligations d'information

Ta mercuriale doit rester cohérente avec ce que tu affiches. Si tu changes de fournisseur pour une viande, l'origine peut changer. Les restaurants doivent indiquer l'origine de la viande bovine, et cette obligation a été étendue à d'autres viandes (porc, ovin, volaille). Une partie du dispositif concerne aussi les viandes achetées déjà préparées, avec une application qui dépend d'une information entre professionnels.

Les textes évoluent : vérifie les références en vigueur sur Légifrance ou auprès de ton organisation professionnelle. Dans ta mercuriale, une colonne « origine » par fournisseur t'évite de découvrir le problème à l'affichage.

07Comment le faire avec ROOT

À la main, un tableur fait le travail tant que la carte reste courte. Quand les références se multiplient, la saisie devient le point faible. ROOT cherche à retirer ce frottement.

Mercuriale ROOT : suivi des prix fournisseurs dans le temps
Mercuriale ROOT : suivi des prix fournisseurs dans le temps
  • La mercuriale garde l'historique des prix de chaque produit, fournisseur par fournisseur, pour voir les évolutions.
  • Les factures fournisseurs envoyées en photo ou en PDF sont lues par l'IA et rapprochées de la mercuriale : tu n'as plus à ressaisir les prix.
  • Les fiches techniques calculent coût matière et food cost à partir de ces prix, ce qui te montre l'effet d'une hausse sur chaque plat.
  • Le comparateur de fournisseurs met en regard les prix d'un même produit.
  • Rooty, le copilote IA, répond à partir des données de ton restaurant, par exemple pour repérer les produits dont le prix a le plus bougé.

Tu peux tester l'ensemble pendant 14 jours avec l'essai gratuit.

Questions fréquentes

C'est quoi une mercuriale en restauration ?
C'est le registre des prix de tes matières premières : produit, fournisseur, conditionnement, prix HT et date de relevé. Le terme désigne aussi la liste de prix qu'un fournisseur t'envoie, parfois à prix bloqués. Aucune obligation légale n'impose d'en tenir une, mais elle sert de base à tes fiches techniques.
À quelle fréquence mettre à jour sa mercuriale ?
À chaque livraison pour les produits frais, dont le prix varie vite. Une revue mensuelle suffit souvent pour l'épicerie et les produits secs. Refais aussi un point complet à chaque changement de carte.
Où trouver des prix de référence pour comparer ?
Le RNM de FranceAgriMer publie gratuitement des cotations hebdomadaires, notamment sur les fruits et légumes et, pour Rungis, sur la viande, la marée et les produits laitiers. Elles donnent une tendance de marché. Ton prix réel reste celui de ta facture.
Comment répercuter une hausse fournisseur sur mes plats ?
Mets d'abord à jour le prix dans ta mercuriale, puis recalcule les fiches techniques concernées pour mesurer l'effet sur le food cost. Tu peux ensuite jouer sur le prix de vente, la portion, le fournisseur ou la place du plat sur la carte.
Les indices de l'Insee suffisent-ils pour suivre mes achats ?
Non. Ils mesurent la consommation des ménages, pas les achats des professionnels. Ils donnent un climat général, utile pour anticiper, mais seule ta mercuriale reflète ce que tu paies vraiment.

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#mercuriale#prix fournisseurs#food cost

Écrit par l’équipe ROOT

ROOT est le logiciel de gestion des restaurants indépendants : fiches techniques, stock, factures fournisseurs et marges, pensés avec des chefs.

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